Culture
Peinture : 2 artistes de talent exposent à Ryadh El Feth
«1001 nuits autrement dit»
Taous F.   Le : samedi 23 décembre 2006


Lundi 18 décembre. Il pleut des cordes … une foule bruissante s’empresse dans la galerie Isma à Riad el Feth… L’évènement : le duo Bouras-Ferroukhi expose sous un thème aguicheur, accrocheur : « les mille et une nuits … autrement dit ». Bouras-Ferroukhi, membres du groupe «Essebaghine» les barbouilleurs, nom révélateur pour ces peintres glosant à pleines dents sur leur situation d’artistes , espiègles et désabusés … Le groupe fait figure de légende, battant le rappel avec un impératif mot d’ordre de rupture avec l’académisme classique de l’école des beaux arts. Ce bouillant duo expose pour la première fois ensemble.

Amar Bouras, artiste habitué à exploiter toutes les ressources du « Modern Art », mêle vidéos, images, techniques mixtes et collages. Un saisissant patchwork où Shahrazed, star mythique relookée au goût du jour (l’être d’amour ?) apparaît furtivement dans un subtil enchevêtrement de signes, hiéroglyphes, calligraphie indéchiffrable, sur fond à prédominance de rouge et de noir. « Cybershahrazed » où la déesse du virtuel se ballade coquine et transparente dans l’univers « mailée » du net. Le peintre fait ressurgir sa muse cachée au hasard d’une autre composition : « SMS to Shahrazed » - lettre d’amour alors ?… - dans un dédale, la muse au nom prédestiné de nouvelle lune, ressurgit dans les espaces stellaires, jouant à cache-cache avec ce polygone étoilé - résurgence katébienne ou signe de ralliement ancestral ? - Shahrazed-Nedjma ou Cyber-réalité, tel un oiseau de feu poursuit sa quête mystique dans l’espace de nos divagations. On la retrouve alanguie dans ce bateau aérien ou « Babor l’Austrsalie », vaisseau mythique des fantasmes arraisonnés et des désirs inavoués de ces « Harragas » passagers clandestins embarqués à la recherche du lointain Eldorado. Shahrazed raconte… raconte mille et une aventures…

Ferroukhi, lui, tente savamment  à travers une joyeuse démonstration de Pop Art, une gracieuse entorse aux bonnes mœurs notamment dans cette série « couple » ou « serrures », qui ne sont, rien d’autre, que des « incursions voyeuses » dans l’univers des désaxés … « Couple en cabaret », « Couple en boite de nuit ». Des personnages de Bédé loufoques, désarticulés, un rien grotesques jusqu’à devenir anonymes, s’envoient en l’air… produits d’une «culture des bas-fonds» rejetée, réprouvée …mais n’en existant pas moins ! Mille et une nuits du plaisir refoulé dans l’univers interdit des fêtards et des noctambules.

Alors, Shahrazed, sultane d’un soir (ce soir ?) ou de mille et une nuits de nostalgie et d’amour surfant dans les galeries d’Art (virtuel ?), fantasmagorie de l’esprit, dévidant ses contes par le trou de la serrure outrageuse, ravageuse de Ferroukhi, fidèle à l’esprit des « Sebaghine » un rien novateur, un zeste provocateur … simplement dit ?… autrement dit

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