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Ammar Bouras |
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Ammar
Bouras est photographe, vidéaste, cinéaste expérimental et plasticien.
Son art vidéo compose avec le vif des événements et avec les archives
qui tissent la mémoire politique et sociale postcoloniale dans un mixage
sonore à caractère poétique. C'est le cas de Serment et Un aller simple,
sortes de voyages dans la mémoire d'une Algérie blessée et dans l'incertitude
du présent où le quotidien est traversé de terreurs mais aussi de problèmes
partagés par l’ensemble des populations en situation postcoloniale. Dans
Serment, l’artiste revisite la guerre de libération de l’Algérie faisant
alterner les images documentaires de répression à l’époque coloniale
et celles des événements récents avec le spectre de la guerre civile,
images retravaillées aux couleurs de sang et traitées numériquement.
Le tout est traversé par un poème de Béchir Hadj Ali (Serment) contre
la haine et pour le pardon des peuples. Un aller simple est d’une actualité
brûlante, celle du quotidien de chaque citoyen. Elle traite du déplacement
dans l’impossibilité de vivre dans un endroit sans violence. Les images
sont prises à partir de la voiture de l’artiste dans une interminable
traversée de la capitale et d’autres régions du pays, avec pour seul
lien social le fond sonore des messages téléphoniques. |
Tenir la route, garder le lien Ammar Bouras est photographe, vidéaste et cinéaste expérimental. Il
est aussi plasticien. On retrouve souvent la peinture dans ses installations,
ses photomontages et ses vidéos. Il est membre fondateur du groupe
« Essebbaghine » qui réunit à Alger huit plasticiens contemporains.
Ils inscrivent leur pratique dans l’actualité et la non complésance
esthético-politique, utilisant différents médium et exposant in situ
en espace public ou dans des endroits parfois non conventionnels. Dans sa dernière création, "Cyber Shahrazade" (2007), il ose le spectacle des mille et un fragments de l’intime dans le puzzle infini du désir. Il le met en scène par inter-face entre installation vidéo et photo-peinture. Là, se joue l’aventure d’une inlassable collecte de nuit où rivé à l’écran de son ordinateur, il a tissé par mots et par images une cyber-fiction de l’échange, pour « ne pas perdre le lien ». Sur le dispositif virtuel, une animation des petites fenêtres crée
par intermittence une pulsation de corps féminins numériques (auto-portraits
photos envoyés par des anonymes) et de bribes de « tchatch » jetées
au hasard des insomnies. Rachida Triki |