Les installations photos de Dalel Tangour invitent à un déplacement exploratoire
de l'intime et de l'ailleurs. Elles sont l'occasion de donner à sentir les
aléas de la condition humaine en terre d'Afrique, sujette aux rêves déçus
mais jamais abandonnés d'un exode interminable. Pour l’installation Solstices
barbelés, c’est dans une verticalité oscillante que des tubes en plexiglas
enferment et étouffent des photos de silhouettes humaines. Comme des embarcations
de fortune, ces tubes en équilibre instables disent l’insécurité des voyages
vers l’utopie d’une vie meilleure. Les images enroulées baignent dans un
contraste de lumière en contre-jour laissant deviner des fragments de corps
dont les photos argentiques retravaillées numériquement et agrandies gardent
la teneur indicielle et les nuances des apparitions. Les couvercles des tubes
en bleu ou ocre suggèrent le balancement entre la rive et le large. Comme
des bouteilles jetées à la mer, cet ensemble de corps enserrés est aussi
un voyage dans le temps : il rassemble les départs qu’ont connus les côtes
africaines depuis la traite des populations jusqu’au nouvel esclavage de
tous les clandestins.
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