Hassan Echair utilise des matériaux élémentaires pour suggérer le déplacement.
Il le fait dans des installations qui réinventent les traces d'un nomadisme
propre à la réalité et au vécu africains. À partir d'éléments simples, il
compose des structures légères, sortes d'architectoniques du voyage dont
l'équilibre fait penser pour chaque œuvre à un campement éphémère. Avec des
cordages, des pierres, des bambous recouverts de gros sel ou de balancelles
en contreplaqué, il conjugue différentes formules pour dire le temps d'une
halte, la mobilité des marcheurs, le passage des troupeaux ou encore la traversée
d'un fleuve. Ses installations, conçues in situ en s’inspirant de la magie
du lieu et des matériaux locaux, rappellent que la temporalité est d’abord
culturelle et qu’elle est liée au mode de vie, à la façon d’habiter un lieu,
de se déplacer et d’appréhender l’ouvert. C’est cette phénoménologie du temps
dans l’espace lisse qui permet la disposition à la rencontre et au contact
et par là même dispose à une esthétique de l’hospitalité. Le souci de l’artiste
est de créer à la fois le sentiment de l’éphémère et celui de la durée en
suggérant le précaire et la stabilité. |