La société égyptienne a évolué en absorbant différentes pratiques culturelles
: l'époque pharaonique, le Moyen Âge, la colonie britannique, la république
Arabe, l’Égypte des Coptes et l’Égypte des Musulmans. Huda Lutfi dévoile
la complexité d’un pays aux multiples influences, lové entre la mer Rouge
et le bassin méditerranéen, à la croisée de l’Afrique et du monde Arabe.
Ses installations sont à base d'objets qu'elle chine chez les brocanteurs.
Depuis plusieurs années, elle a entrepris une série d'installations à base
de poupées. À l'origine de ce travail, il y a son questionnement sur la place
de la femme dans l'Histoire, les religions, les sociétés, ainsi que les malentendus
et les préjugés concernant son statut. En explorant la tradition féminine
égyptienne de la fabrication de poupées, Lutfi renoue avec des pratiques
en péril. La poupée lui permet d'aborder la violence, la résistance, les
barrières culturelles et sociales, l'exclusion. La poupée est une métaphore
de la femme. Sous forme de jouet, c'est une métaphore de la marionnette,
de la manipulation des êtres humains. La représentation culturelle est centrale
dans son travail. L'islamisation de la culture égyptienne a engendré une
érosion de la représentation des formes humaines. Combiner des icônes profanes
et des textes sacrés est pour elle une manière de déconstruire et de révéler
une identité nationale hybride.
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