Kofi Setordji, Ghana

Depuis le milieu des années 90, le peintre et sculpteur Kofi Setordji a entrepris de grandes installations sur le destin politique et social de l'Afrique. Il utilise du bois, de l'argile, du papier, de l'écorce, de la pierre et du métal pour créer une suite de sculptures, de bas-reliefs et d'assemblages. Scars of Memory (Les Cicatrices de la Mémoire) est un travail sur le génocide du Rwanda de 1994. C'est en voyant à la télévision des bulldozers charriant des centaines de corps hors d'un fossé comme s'il ne s'agissait que de simples déchets, que Setordji décida qu'il était temps d'agir. Pendant deux années, il a reconstitué les protagonistes de la tragédie : un charnier, les victimes, les réfugiés, les politiciens, les hommes d'église, les militaires, les juges et les témoins. Ces éléments abordent les notions de non-assistance à personnes en danger, de responsabilité et d'altérité. Dans Hands of Fate (Les Mains du Destin) Setordji se demande où sont passés les idéaux humanistes et panafricains des dirigeants africains. Dans cette nouvelle série commencée en 2005 la main, omniprésente, symbolise divers concepts. La poignée de mains représente l'unité et la solidarité, la main levée évoque le vote démocratique, le poing levé aborde la lutte politique et le combat social, tandis que la main tendue incarne l'indigence d'un peuple dupé. À travers cette main, il presse les Africains de prendre en main leur destin afin d'être des acteurs et non plus des spectateurs passifs ou indifférents de leur propre histoire.

© 2005 Ammar Bouras