Abdoulaye Konaté creuse dans l’histoire, redonnant leur valeur aux aspects
de la culture sahélienne que la modernisation s’attache à faire progressivement
disparaître. Konaté n’a pas abandonné la peinture ou son intérêt pour la
lumière et l’esthétique pure. Il a appris à les combiner à un commentaire
social et politique d’une manière subtile, sans ostentation, en privilégiant
le textile et le coton richement teint des étoffes maliennes. La condition
humaine est depuis presque deux décennies, son principal foyer d’intérêt.
Son œuvre Drame du Sahel (1991) est un commentaire poignant sur la terrible
sécheresse qui a dévasté son pays et la région au cours des années soixante-dix
et quatre-vingts. Les sérieuses conséquences des actions de l’homme apparaissent
implicitement dans l’envergure de ses installations, certaines de ses créations
mesurant jusqu’à 14 mètres de long comme Hommage aux chasseurs du Mandé,
Régions des Grands Lacs (1995), Bosnie-Rwanda-Angola (1995), Lutte contre
le SIDA (1995), et Gris-gris pour Israël et la Palestine.
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