Mamady Seydi utilise des proverbes et des dictons Wolofs qu'il replace dans
un contexte socio-économique et politique. Il combine divers matériaux tels
que le bois, le fer, le papier, le tissu, des produits naturels et industriels
pour donner naissance à des histoires peuplées de personnages étranges qui
rampent, qui grimpent ou qui pendent. Ces personnages, sans caractéristiques
physiques particulières, pourraient être d'Afrique, d'Orient ou d'Occident.
Si Seydi s'adresse d'abord à un public local, ces proverbes sénégalais ont
leur équivalent dans toutes les sociétés du monde. Il y a fatalement un jeu
de cache-cache, un proverbe pouvant en dissimuler un autre. Et pour son public,
le principe consiste à décoder l'œuvre avant de lire le proverbe, ce qui
rend son travail ludique et pédagogique. Lassé de Monsieur et Madame X, personnages
sans pays et sans race, issus d'un monde chimérique, il entreprend de leur
substituer des animaux en 2006. C'est ainsi que naît Bukki (l'hyène) et Mbam
(l'âne) citoyens de Ndoumbélane, le royaume imaginaire des animaux. Beure
Bukki ak Mbam (un combat de lutte entre l’hyène et l’âne) est le thème générique
d'une série caustique et pleine d'humour sur les aventures des deux compères.
Donner une identité et un tempérament à ses personnages permet à Seydi d'aller
plus loin dans la satire politique et sociale. Seydi ne se place pas en moralisateur
de la société. Son recueil de proverbes et ses recherches formelles engendrent
une production artistique qui lui permet de rire avec légèreté des sujets
les plus graves.
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