| Serment
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Pas de Vidéo
à Lyon ! le DVD ( Torturer ) par un
objet coupant ! |
| Ammar Bouras,
expérimentateur du réel Photographe, plasticien, vidéaste, mais aussi cinéaste expérimental et reporter-photographe, il donne un peu l’impression d’être sur tous les fronts, Ammar Bouras. Il est simplement là où le réel l’appelle, là où la réalité l’interroge. Par ses multiples facettes, Ammar Bouras paraît assez emblématique d’une génération d’artistes algériens qui, rompant avec l’académisme ambiant et le classicisme formel, use de ces pratiques nouvelles qui caractérisent l’art contemporain. Techniques mixtes et multimédia caractérisent en effet son oeuvre de plasticien qui mêle photo, image vidéo et peinture. Retravaillant celles-ci par celle-là dans des collages, des montages, des installations, il juxtapose ou superpose les matières, mariant parfois les mots aux images, se livrant à toute cette cuisine qui séduit nombre d’artistes d’aujourd’hui. D’une certaine force esthétique, ce travail sur la forme est d’abord au service d’un discours politique. Ammar Bouras est de ces artistes qui entendent contribuer par leur travail à la création d’une conscience du présent. Ce qui n’empêche pas chez lui, une dimension sensible et imaginaire qu’on peut dire poétique. La réalité souvent sombre dont il rend compte, qu’elle soit d’hier- images d’archives concernant la guerre d’Algérie, l’époque de la colonisation- ou d’aujourd’hui-le terrorisme, la répression des moeurs-, il la transpose, la métamorphose, se l’approprie en la réinventant. N’empêche qu’au Polaris, c’est une installation plutôt dérangeante Qu’il propose. On y voit entre autres une jeune algérienne malmenée par des représentants des troupes de pacification. On y lit, un serment, écrit à Alger en 1960. A l’image de celui qui mourait « sans haine pour le peuple allemand », l’auteur, dans une manière de poème violent où se mêlent des sentiments multiples, y affirme ne pas avoir de haine contre le peuple français... Ses dirigeants, c’est autre chose. S’il explore volontiers les violences de l’Histoire, s’il met en scène dans ses oeuvres l’espace social, Ammar Bouras s’intéresse aussi à l’intime (lequel d’ailleurs n’échappe pas au social). « L’être d’amour » (2005), par exemple, consistait en une série de lettres d’amour imagées de fragments de corps ou de visages de femmes, à la colorisation délicate et qui posait la question du sentiment amoureux et du rapport au corps. |
Nelly
Gabriel « Le Figaro-Lyon », août 2005 |